LES TOURNOIS
Déjà les lices sont préparées: déjà les dames, placées sur des échafauds élevés en lorme de lours, cherchent des yeux les chevaliers parés de leurs couleurs. Des troubadours vont chantant :
Servants d'amour, reprardez doulconieni Aux échaf'auv, anges de paradis Lors jousterez fort et joyeusement Et vous serez honorés et chéris.
Tout à coup un cri s'élève : « Honneur aux fils de jireux! » Les fanfares sonnent, les barrières s'abaissent. Cent chevaliers s'élancent des deux extrémités de la lice et se rencontrent au milieu. Les lances volent en éclat; front contre front, les chevaux se heurtent et tombent. Heureux le héros qui, ménageant ses coups el ne frappant, en loyal chevalier, que de la ceinture à l'épaule, a renversé sans le blesser son adversaire { Tous les cœurs sont à lui, toutes les dames veulent lui envoyer de nouvelles faveurs pour orner ses armes. Cependant des hérauts crient au chevalier : « Souviens-toi de qui tu es fils, et ne forligne pas*. » Joutes, castelles, pas d'armes, combats à la foule, font tour à tour briller la vaillance, la force et l'adresse des combattants. Mille cris mêlés au fracas des armes montent jusqu'aux cieux. Chaque dame encourage son chevalier, et lui jetle un