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LE PARTHENON

La première chose qui vous frappe dans les monuments d'Athènes, c'est la belle couleur de ces monuments. Dans nos climats, sous une atmosphère cliargée de fumée et de pluie, la pierre du blanc le plus pur devient bientôt noire ou verdàlre. Le ciel clair et le soleil brillant de la Grèce répandent seulement sur le marbre de Paros et du Pentélique une teinte dorée semblable à celle des épis murs, ou des feuilles en automne.

La justesse, l'harmonie et la simplicité des proportions attirent ensuite votre aduiiralion. On ne voit point ordre sur ordre, colonne sur colonne, dôme sur dùme. Le temple de ÏNlinerve, par exemple, est ou plutôt était un sinqjle parallélogramme allongé, orné d'un péristyle, d'un pronaos ou portique, et élevé sur trois marches ou degrés qui régnaient tout autour, (le pronaos occupait à peu près le tiers de la longueur totale de l'édi- Pice; l'intérieur du temple se divisait en deux nefs séparées par un mur, et qui no recevaient le jour que par

1. Cette pauvre fille de Mégare, dont Chateaiibriaml parlait plus liant, grelottait de fièvre sur son erabat.

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la porlo; dans riino on voyait la slaliio do Minorvo, ouvrage de Phidias; dans l'autre on gardait le trésor des Athéniens. Les colonnes du péristyle et du portique reposaient immédiatement sur les degrés du temple, elles étaient sans bases, cannelées, et d'ordre dorique; elles avaient quarante-deux pieds de hauteur et dix-sept et demi de tour près du sol; l'entre-colonnement était de sept pieds quatre pouces; et le monument avait cent dix-huit pieds de long, et quatre-vingt-dix-huit et demi de large.

Les triglyphes de l'ordre dorique marquaient la frise du péristyle : des métopes ou petits tableaux de marbre à coulisse séparaient entre eux les triglyphes. Phidias ou ses élèves avaient sculpté sur ces métopes le combat des Centaures et des Lapithes. Le haut du plein mur du temple, ou la frise de la colla, était décoré d'un autre bas-relief représentant peut-être la fête des Panathénées. Des morceaux de sculptures excellents, mais du siècle d'Adrien, époque du renouvellement de l'art, occupaient les deux frontons du temple. Les offrandes votives, ainsi que les boucliers enlevés à l'ennemi dans le cours de la guerre Médique, étaient suspendus en dehors de l'édifice : on voit encore la marque circulaire que les derniers ont imprimée sur l'architrave du fronton qui regarde le mont Hymette.

Tel était ce temple, qui a passé à juste titre pour le chef-d'œuvre de l'architecture chez les anciens et chez les modernes ; l'harmonie et la force de toutes ses parties se font encore remarquer dans ses ruines; car on en aurait une très fausse idée, si l'on se représentait seulement un édifice agréable, mais petit, et chargé de ciselures et de festons à notre manière. Il y a toujours quelque chose de grêle dans notre architecture, quand nous visons à l'élégance; ou de pesant, quand nous prétendons à la majesté. Voyez comme tout est calculé au Pai'théhoti!

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L'oi'dro osl doriqiip, ol lo pou do liniilour do la colonno dans t'ol ordre vous donne à Tinslanl l'idée de la durée ol de la solidité; mais cette colonne, (|ui de |dus est sans hase, deviendrait trop lourde. Ictinus' a recours à son art : il fait la colonno cannelée, et l'élève sur des degrés; par ce moyen il introduit presque la légèreté du corinthien dans la gravité dorique. Pour tout ornement vous avez deux frontons et deux frises sculptées. La frise du péristyle se compose de petits tableaux de marbre régulièrement divisés par un triglyphe : à la vérité, cliacun de ces tableaux est un chef-d'œuvre; la frise de la colla règne comme un bandeau au haut d'un mur plein et uni : voilà tout, absolument tout. Qu'il y a loin de cette sage économie d'ornements, de cet heureux mélange de simplicité, de force et de grâce, à notre profusion de découpures en carré, en long, en rond, en losange; à nos colonnes fluettes, guindées sur d'énormes bases, ou à nos porches ignobles et écrasés que nous appelons des portiques !

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