‹ ExtraitsChapitre 132 sur 285 · APPARITION DE CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

APPARITION DE CONSTANTINOPLE

Constantinople, et surtout la côte d'Asie, étaient noyées dans le brouillard : les cyprès et les minarets que j'apercevais à travers cette vapeur présentaient l'aspect d'une forêt dépouillée. Gomme nous approchions de la pointe du sérail, le vent du nord se leva, et balaya en moins de quelques minutes la brume répandue sur le tableau; je me trouvai tout à coup au milieu du palais du commandeur des croyants : ce fut le coup de baguette d'un génie. Devant moi, le canal de la mer Noire serpentait entre des collines riantes, ainsi qu'un fleuve superbe : j'avais à droite la terre d'Asie et la ville de Scutari; la terre d'Europe était à ma gauche ; elle formait, en se creusant, une large li;iie pleine de grands navires à l'ancre, et traversée par irinnombraljlos petits bateaux. Cette baie, renfei'mée entre deux coteaux, présentait en regard et en amphithéâtre Constantinople et Galata. L'immensité de ces trois villes étagées, Galata, Constantinople et Scutari; les cyprès, les minarets, les mâts des vaisseaux qui s'élevaient et se confondaient de toutes parts; la vcr-

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iluro des arbres, les couleurs des maisons blanches et rouges; la mer qui étendait sous ces objets sa nappe bleue, et le ciel qui déroulait au-dessus un autre champ ilazur : voilà ce que j'admirais. On n'exagère point ijuand on dit que Conslantinoplc oflre le plus beau point de vue de l'univers*.

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