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IMMINENCE DE LA REVOLUTION SOCIALE

A i|iir||i' i'|i(ii|iir la -ni'icli' i i i -| la I ailr.i-l -i 1 1 1 ' '.' i|ih U arriiliMil- rii | ii iii iTuul .>u.>|M'ii(J l'c lc.> iiiuu\ ciiienl.- V A

I! r. \r K -ni ilf rhomnie fut substitué au règne de la

lui : ou passa (le la ïiépubliipii' ;i ri'aii|>iir' ; notn^ révoluliun s'accomplit on sens nnil laii r ; nn inrlini' ;i passer ili" la l'oyaulé à la ivpubli{jiii'. ini. pmir ih' -pr'-cilifr aiiduie Ibnnr. ;i la driiiocralii' ; rrla iH' - ill'i rliHia pa- -an^ dirticulle.

Pour ne toucher qu un point 'inlre mille, la propriété, par exemple, restera-t-elle distribuée comme elle lest? [.a royauté néo à Heinr-- avait pu l'aiic aller cette propiiélé l'ii en leinpéraul la ri,i:iirnr par la dilTusion îles lois morales, roiiiiin' rllr •.\\:\\\ rliaiii:'!' riiumaiiili'' ru cliarilé. l'ii rial puliliqnr uii ilr- iii'lividn- mil ili'- inil-

•j:. In.s

."90 CIIATllALBUIANIt.

lions (le icvciiu. lundis que ilaiiUcs individu^ jnriiiciil de faim, pcul-il subsister quand la religion n'esl |)lus là avec ses espéranfos hors de ce monde pour expliquer le sacrifice' ? Il y a des enfanls que leurs mères allaitent à leurs mamelles tlétries, faute d'une bouchée de pain pour sustenter leurs expirants nourrissons: il y a des familles dont les membres sont réduits à s'entortiller ensemble l>endant la nuit, faute de couverture pour se icchauncr. Celui-là voit mûrir ses nombreux sillons ; celui-ci ne possédera (|ue les six pieds de terre prêtés h sa tombe par son ])aysnalal. Oi', combien six |)iodsdc terre peuvenl-ils fournir d'épis de blé à un mort?

A mesure que l'instruction descend dans ces classes inférieures, celles-ci découvrent la plaie secrète qui ronge l'ordre social irréligieux. I.a trop grande disproportion des conditions et des fortunes a pu se supportei' tant qu'elle a été cachée; mais aussitôt que cette disproportion a été généralement aperçue, le coup mortel a été porte. Recomposez, si vous le pouvez, les fictions aristocratiques: essayez de persuader au pauvre, lorsqu'il saura bien lire et ne croira plus, lorsqu'il possédera la même instruction que vous, essayez de lui persuader qu'il doit se soumettre à toutes les privations, tandis que son voisin possède mille fois le superflu : pour dernière ressource il vous faudra le tuer.

Quand la vapeur sera perfectionnée, quand, unie au télégraphe et aux chemins de fer, elle aura fait disparaître les distances, ce ne seront plus seulement les marchandises qui voyageront, mais encoi'e les idées rendues il l'usage de leurs ailes, (juand les barrières fiscales et commerciales auront été abolies entre les divers Etats, comme elles le sont déjà entre les provinces d'un même

1. A-t-uu jauiai» plus forleiin'iit Ji'liui l.i « question sucialf .. telle qu'elle se pose de nos jours?

LES u 31ÉM0li;i:s l)()l TIlL-IOMUi: ». •''Jl

Klal, (iiiand les dirtereiils pays en ichilions journalièi'os lendi'unl ;i riinité des ))CU|)los. coiiiiin'iil l'essuscilerczvous rancieii mode do séparation ?

La société, d'un autre ctAr, n'est |tas moins menacée par l'expansion de l'intelligence qu'elle ne l'est par le développcnienl de la nature brute; supposez les bras condamnés au l'opos en raison de la multiplicité et de la variété des macliines; admettez qu'un au^rcenaire unique et iiénéral, la matière, rcnqjlace les mercenaires de la .lilèbe et de la domesticité : que l'erez-vous du genre humain désoccupé? Que ferez-vous des passions oisives <'n même temps que rintelligence? La vigueur du corps s'entretient par l'occupation physique; le labeur cessant, la force disparaît; nous deviendrions semblables à ces nations de l'Asie, proie du premier envahisseur, cl (jui ne se peuvent défendre contre une main qui porte le fer. Ainsi la liberté ne se conserve que par le travail, |tarce que le travail produit la force : i-olirez la malédiction prononcée contre les fds d'Adam, et ils périront dans la scvx'ûude: Insudore vulhis tui^ vescevis pane ^ . La malédiction divine entre donc dans le mystère de notre sort; l'homme est moins rcsclavc de ses sueurs que de ses jjensées : voilà comme, après avoir fait le tour de la société, après avoir passé par les diverses civilisations, après avoir supjjosé des perfectionnements inconnus, on se retrouve au point de départ en présence des vérités (|r ri'j'i'ilure.

I. 'l'ii niuiigcr.is tuii p.-iiii a la suour ilr luii IVuiil.

J92 ClfATKAlBRIANn.

AVENEMENT DE LA DEMOCRATIE l,'Elll'n|)i' iUail mi en l'ivincr. Inr^ de noll-c liKilKlIcllic

tlo liuit siècles, le cenlre de sun inlclliiiciicr. de s,i |m'ipéUiilé el (le son repos: ]jnvéi' de celle monairliic. lEnrope a sur-le-clianip incliné ;i la lii'iiKHiatie. i.o geni'r humain, pour son bien ou puui' son mal, esl hors de pag^e: les princes en ont eu la garde-noble; les nations, arrivées à leur majorité, prétendent n'avoir plus besoin de luleurs. Iiojjuis David jusqu'à notre teuips, les rois ont été appelés : la vocation des peuples commence, l-es courtes et petih's exceplions des ivpubliques giccipiis, carlhaginoise, rouiainc avec des esclaves, ii'cnipcchnien! j)as. dans ranlii]uité, Télal uionarcliique d'clii' lélal normal sur le globe. La Société enlièi'e niodciiio. dcpiii> i|uc la haiinière des iTjis français nexislc plii>. i|uillc la m(jnarclii(\ l>ieu, pour liàler la di''gi'adalion du pouvoir royal, a livré les scepti'i's en divers pays h des rois invalides, à des petites tilles au maillot ou dans les aubes de leurs noces : ce sont de pareils lions sans mâchoires, de pareilles lionnes sans ongles, de pareilles enfantelelli>s tétant ou fiançant, que doivent suivre des hommes laits dans cette ère d'incrédulité.

Les principes les plus hardis sont proclanu-s à la face des monarques qui se prétendent rassurés derrière la triple liaie d'une garde suspecte. La démocratie les gagne; ils montent d'étage en étage, du rez-de-chaussée au comble de leur palais, d'où ils se jetteront à la nage par les lucarnes.

Au milieu de cela, remarquez une contradiction phénoménale : l'état jnalériel s'améliore, le progrès intellectuel s'accroît, et les nations, au lieu do profiter, s'amoindrissent : d'oi!i vient cette contiadiclion '.'

i.r.s . \iL\i()ii;i:> iKiiiui: luMiiK .. ."'.»:.

t;<'>lqiif nou> av(iii> |ut(Iii (hiii^ l'uidir iinnal'. Lu lout tomps il y a ou dos crimes; mais ils n'étaient point lOiuiiiis (le santr-froid. comme ils le sont do nos jours, l'ii i':)i> m (h^ Kl porte du sonliuiciil rcliuieux. A cetli' hi-urc il- n ■ i-('v illont plus, ils paraissonl une conséipirncr di' la iuarrli'(| i Icihms: si (Hi les jii;;eait autrefois il uii" hiini/re ditl' M'.'ii^', c'esl ipi'dii n'i'daiL |)as encore, a'ii-i (pi'du ose ral'iirmer, asse', a\aii:':' daus la connaissance de riiomme; on les analyse actuellement; on les l'prouve au creuset, afin de voir ce qu'on peut en tirer d'utile, comuic la chimie trouve des inp:rérlients dans les voiries. L-'s co:'ruptioas de l'esprit, bien autrement destructives que celles des sens, sont acceptées comme des n'sullats nécessaires; elles n'appartiennent plus à quelipics individus pervers, elles sont tombées dans le domaine public.

Tels hommes seraient humiliés (|u"un leur prouvât qu'ils onl une àme, qu'au delà de cette vie ils trouveront une autre vie; ils croiraient manquer de fermeté et de force et de génie, s'ils ne s'élevaient au-dessus de la |iusillanimité de nos pères; ils adojjtent le néant ou, si vous voulez, le doute, comme un fait désagréable pcutt'Ire, mais comme une vérité qu'on ne saurait nier. Admirez rhébétcment de notre orgueil !

Voilà comment s'expliquent le dépérissement de la société et l'accroissement de l'individu. Si le sons moral se dévolop;)ait en raison du di''veluppeniont de l'inlidligonce, il y aurait un contre-poids, et l'humanité granlii-ait sans daiigci': mais il arrive loid le conlrairo : la per- (•(■|)liou du iiicn et du mal s'obscurcil ;i nu'-siiri" que l'inlelligence s"(''(daire; la conscience so ridri'ci! ;i me-uir

1. l'A'. \[icl]i'li'l, llisliiire de Fmnri- : « Xiiii-; pniivons noii!^ pnorgiioillii' j biiil ilroit lie liiit lie prngrës accuinplis, i^t ccpenJ.int If cipui' se verre ipiinil on Voit que. dans ce progrès de toutes ci)oses, la fuice morale n'a p.iint augmenté. »

."94 CIIATKAI ilHIA.Mi.

que les idées sï-largisscnl. Oui, la sociélr péiii-i : la liberté, qui pouvait sauAer le monde, ne marchera pas, faute de s'appuyer à la religion; Tordre, qui pouvait maintenir la régularité, ne s'établira pas solidement, parce que l'anarcliie des idées le combat. La pourpre, qui communiquait naguère la puissance, ne servira désormais de couche qu'au mallieui-; nul ne sera sauvé qu'il ne soit né, comme le Chrisl, sur la paille. Lorsque les monarques furent déterrés à Saint-Denis au moment où la tromjjette sonna la résurrection populaire; lorsque. tirés de leurs tombeaux effondrés, ils attendaient la sépulture plébéienne, les chiffonniers arrivèrent à ce jugement dernier des siècles; ils regardèrent avec leurs lanternes dans la nuit éternelle; ils fouillèrent parmi les restes échappés à la première rapine. Les rois n'y étaient déjà plus, mais la royauté y était encore; ils l'arrachèrent des entrailles du temps, et la jetèrent au panier des débris.

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