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LAMENNAIS

Je ne vais pas voir les prisonniers \ comme Tartufe, pour leur distribuer des aumônes, mais pour enrichir mon intelligence avec dos hommes qui valent mieux que moi. Quand leurs opinions difToront dos miennes, je ne crains rien : chrétien entêté, tous les beaux génies de la terre n'ébranleraient pas ma foi; je les })lains, et ma chanté me défond contre la séduction. Si je pèche par excès, ils pècliont par défaut; je comprends ce qu'ils comprennent, ils ne comprennent pas ce que je comprends. Dans la même prison où je visitais autrefois le noble et malheureux Carrel,je visite aujourd'hui l'abbé do Lamennais. La Révolution de Juillet a relégué aux ténèbres d'une goiMo le reste des hommes supérieurs

1. LamPiinaisav.'iil (''Ifenfermô à Sainte-PélaijitMlc janvicr.'nliVpmbre IS'il. C'est là qu'il iVrivit Une Voix de prixnn. Clintisniliriaml lui roiiilnil Sduvpiit visitp.

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(luiil elle nr iioiit ni juger le luérile, ai suuteuii' i l'ilat. Dans la dernière chinibre en montant, sous un loit abaissé que Ton jteut toucher do la main, nous iiuln'cile-> croyanls de liberté, François- de Limennais et Fi'ançois (le ("haleaubriand, nous causons de choses sérieuses. Il a beau se débattre, ses idées ont été jetées dans le moule l'eligieux; la forme est restée chrétienne, alors que le fond s'éloigne le plus du dogme : sa parole a retenu le bruit du ciel.

Fidèle professant l'hérésie, l'auteur de Vt^sai sur V indifférence parle ma langue avec des idées qui ne sont plus mes idées. Si, après avoir embrassé l'enseignement évangélique populaire, il fût resté attaché au sacerdoce, il aurait conservé l'autorité qu'ont détruite des variation.s. Les curés, les membres nouveaux du clergé (et les plus distingués d'entre ces lévites) allaient à lui; les évoques se seraient trouvés engagés dans sa cause s'il eût adhéré aux libertés gallicanes, tout en vénérant le successeur de saint Pierre et en défendani l'unité.

En F'rance, la jeunesse eût entouré le missionnaire en qui elle trouvait les idées qu'elle aime et les progrès auxquels elle aspire; en Europe, les dissidents attentifs n'auraient point fait obstacle; de grands peuples catholiques, les Polonais, les Irlandais, 4es Espagnols, auraient béni le prédicateur suscité, Rome même eiit fini par s'apercevoir que le nouvel évangélisle faisait reuaîli'e la domination de l'Église et fournissait au ponlife oppriuK' le moyen de résister à riniluence des rois absolus. (Juelle puissance de vie! L'intelligence, la religion, la liberté représentées dans un prêtre !

Dieu ne l'a pas voulu; la lumière a tout à coup manquéà celui qui était la lumière; le guide en se ilérobant

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