LES ORIGINES DU CHRISTIANISME
Le Christ, dans sa glorieuse ascension, ayant disparu aux yeux des hommes, ses disciples, doués de son esprit, se disséminèrent dans les contrées voisines : bientôt ils passèrent en Grèce et en Italie. Nous avons vu les diverses raisons qui tendaient alors à affaiblir le culte de Jupiter: quelle fut la surprise des peuples, lorsque les apôtres, sortis de l'Orient, vinrent étonner leur ''sprit par des récits de prodigv^s, et consoler leur cœur par la plus aimable des morales! Ils étaient esclaves, et la nouvelle religion ne prêchait qu'égalité; soutirants, l't le Dieu de paix ne chérissait que ceux qui répandent des larmes; ils gémissaient écrasés par des tyrans, et le
1. C'est la l'eprise ilii mol (■■ii'bre île \'L'mHi', île lUui>.senii : •' >i l.-i vie iH la mort (le .Socrate sont d'un sage, la vie el l.i mort ilo Jésus sont il'ini Dieu. »
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prèlfo leur iliaulait : Deposuit potenles de sede^et exaltavit humiles^. Enfin Jé.siis avait étù pauvre comme eux. <l il jiromrltait un asile aux misérables dans le royaume iJ • son père. Quelle divinité du paganisme pouvait, dans II' cœur du faible et du malheureux, balancer le nouveau Dieu qu'on offrait à ses adorations? Qu'avait le plébéien h espérer d'un Elysée où l'on ne comptait que des princes et des rois? Voilà les grands moyens qui favorisèrent la propagation du christianisme.. \ussi est-il remarquable qu'il se glissa d'abord dans les classes indigentes de la société. Les disciples furent bientôt assez nombreux pour former une secte. On la persécuta, et conséquennnenton l'accrut. Les premiers chrétiens, trouipani les bourreaux, se dérobaient au supplice, et s'affermissaient dans leur culte. Une religion a bien des charmes-, lorsque, prosterné au pied des autels, dans le silence redoutable des catacombes, on dérobe aux regards des humains un Dieu persécuté; tandis qu'un prêtre saint, l'i' happé à mille dangers, et nourri dans quelque souterrain par des mains pieuses, célèbre peut-être à la lueur des llambeaux, devant un petit nombre de fidèles, des mystères que le péril et la mort environnent.