Dans le sens du lalin studia
2. En 1752, où eurent lieu la brillante représentation du Devin, à Fontainehioau, et la publication de la Lcllresur la musique française.— IJousseau dit <lans les Confessions : « Si l'on n'attenta pas à ma liberté, l'on ne m'épargna pas du moins les insultes; ma vie même fut en danger. L'orcbestre de l'Opéra (it l'honnête complot de
m'assassinerquand j'en sortirais,...
et je ne sus que longtemps après que M. Ancelet, officier des mousquetaires, qui avait de l'amitié pour moi, avait détourné l'eflet du (complot en me faisant escorter à mon insu à la .sortie du spectacle. »
— Quand on connaît llousseau, il est .permis de croire à quelque exagération dans le récit de cette sinistre aventure.
sentiments. Après mon premier discours, j'étais un homme à paradoxes, qui se faisait un jeu de prouver ce qu'il ne pensait pas : après ma Lettre sur la musique française, j'étais l'ennemi déclaré de la nation ; il s'en fallait peu qu'on ne m'y traitât de conspirateur; on eût dit que le sort de la monarchie était attaché à la gloire de l'Opéra : après mon Discours sur V inégalité, j'étais athée et misanthrope : après la Lettre à M. d'Alemherl, j'étais le défenseur de la morale chrétienne : après YHéloïse, j'étais tendre et doucereux : maintenant je suis un impie ; bientôt peut-être serai-je un dévot *.
Ainsi va flottant, le sot public sur mon compte , sachant aussi peu pourquoi il m'abhorre que pourquoi il m'aimait auparavant. Pour moi je suis toujours demeuré le même; plus ardent qu'éclairé dans mes recherches, mais sincère en tout, même contre moi ; simple et bon, mais sensible et faible ; faisant souvent le mal, et toujours aimant le bien ; hé par l'amitié, jamais par les choses, et tenant plus à mes sentiments qu'à mes intérêts; n'exigeant rien des hommes, et n'en voulant point dépendre , ne cédant pas plus à leurs préjugés qu'à leurs volontés, et gardant la mienne aussi libre que ma raison ; craignant Dieu sans peur de l'enfer, raisonnant sur la religion sans libertinage ^, n'aimant ni l'impiété ni le fanatisme, mais haïssant les intolérants encore plus que les esprits forts, ne voulant cacher mes façons de penser à personne ; sans fard, sans artifice en toutes choses : disant mes fautes à mes amis, mes sentiments à tout le monde, au public ses vérités sans flatterie et sans fiel, et me souciant tout aussi peu de le fâcher que de lui plaire : voilà mes crimes, et voilà mes vertus.
1. 11 l'est déjà, aux yeux de ses 1 2. Cela ne peut être l'avis d'un anciens amis les philosophes. I prélat.