Voy. Introd. p. xiv
2. 11 lui rendit en effet toujours témoignage de ses procédés délicats, mais il y répondit fort mal :
il raconte dans ses Confessions qu'il lui dérobait du vin pour l'aire en particulier de petites bombances.
c'est ce qui n'est pas entièrement à mon pouvoir. Ma timidité ordinaire m'a fait jouer le premier jour un assez sot personnage'; et, si M. de Mably avait été Savoyard, il aurait porté là-dessus son redoutable jugement, sans espérance d'appel-, Je ne sais si au travers de cet air embarrassé il a démêlé en moi quelque chose de bon ; ce qu'il y a de sûr, c'est que ses manières polies et engageantes m'ont entièrement rassuré et qu'il ne tient plus qu'à moi de me montrer à lui tel que je suis. Il écrit au R. P. de La Coste, qui ne manquera point de vous communiquer sa lettre : vous pourrez juger là-dessus de ce qu'il pense sur mon compte. J'ose vous prier, ma très chère maman, de vouloir bien faire agréer mes très humbles respects aux RR. PP. jésuites. Quanta mon petit élève', on ne saurait lui refuser d'être très aimable; mais je ne saurais encore vous dire s'il aura le cœur également bon, parce que souvent ce qui paraît à cet âge des signes de méchanceté n'en sont en effet que de vivacité et d'étourderie. J'ai rempli ma lettre de minuties; mais daignez, ma très chère maman, m'éclaircir au plus tôt de ce qui m'est uniquement important, je veux dire de votre santé et de la prospérité de vos affaires. Que font les Charmettes, les Kiki*, et tout ce qui m'intéresse tant? Mon
I . Auprès de Mme de Maldy qui . liait flattée de le rendre homme du monde, mais n'y parvint pas.
i. M. d'Aubonne, noble savoisien, parent et ami de Mme de Warens, avait portcsurJean-Ja(-(|ues, âp- (b?
dix-iieuT ans, un pronostic rapicb; et peu flatteur : « Le résultat de ses oiiservations fut que, niaigré ce que promettaient mon extérieur et mn physionomie animée, j'étais sinon tout h fait inepte, au moins un garçon de peu d'esprit, sans idées, presque sans acquis, très
Iiorné en un mot à tous égards, et que i'Iionneur de devenir quelque jour curé de village était la plus liautc fortune à laquelle je dusse aspirer. » On voit que Jean-Jac- «ques lui en gardait rancune el Iriomphail de sou erreur avec quelque fatuité.
3. L'ainé des deux lils de M. de Mably, le jeune Sainte- Marie, « d'une jolie figure, l'esprit assez ouvert, assez vif, badiu, malin ».