Ce qu'on appelle aujourd'hui déposer sa carte
2. S'affliger à la moit de quelqu'un est un senliineul d'humanité et un témoignage de l)ou naturel, mais non pas un devoir de vertu, ce quelqu'un fût-il même notre père. Quiconque, en pareil cas.
n'a point d'affliction dans le cœur, n'eu doit point montrer au dehors. car il est heaucoup plus essentiel de fuir la fausseté que de s'asservir aux bienséances. (Note de Kousseau.) — Mais les bienséances en pareil cas ne coïncident-elles pas avec une obligation morale?
LA NOUVELLE IIÉLOÏSE, 75
lés de même, il est clair que tout ce jargon n'est qu'un vain formulaire, et sert moins à juger des mœurs que du ton qui règne à Paris. On apprend ainsi les propos qu'on y lient, mais rien de ce qui peut servir à les apprécier. J'en dis autant de la plupart des écrits nouveaux; j'en dis autant de la scène même, qui depuis Molière est bien plus un lieu où se débitent de jolies conversations que la représentation de la vie civile. Il y a ici trois théâtres, sur deux desquels on représente des êtres chimériques, savoir : sur l'un des arlequins, des pantalons, des scaramouches * ; sur l'autre, des dieux , des diables, des sorciers 2. Sur le troisième , on représente ces pièces immortelles dont la lecture nous faisait tant de plaisir ^, et d'autres plus nouvelles qui paraissent de temps en temps sur la scène. Plusieurs de ces pièces sont peu louchantes; et si l'on y trouve quelques sentiments naturels et quelque vrai rapport au cœur humain, elles n'offrent aucune sorte d'instruction sur les mœurs particulières du peuple qu'elles amusent.
L'institution de la tragédie avait, chez ses inventeurs, un fondement de religion qui suffisait pour l'autoriser. D'ailleurs elle ofl'rait aux Grecs un spectacle instructif et agréable dans les malheurs des Perses leurs ennemis, dans les crimes et les folies des rois dont ce peuple s'était délivré. Qu'on représente à Berne, à Zurich, à la Haye, l'ancienne tyrannie de la maison d'Autriche, l'amour de la patrie et de la liberté nous rendra ces pièces intéressantes ; mais qu'on me dise de quel usage sont ici les tragédies de Corneille, et ce qu'importe au peuple de Paris Pompée ou Serlorius. Les tragédies grecques roulaient sur des événements réels ou réputés tels par les spectateurs, et fondés