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SOUVENIR DES VIEILLES GUERRES

L'abbé fut pris. — Qu'on nous l'amène!

Qu'il meure! — On forma le carré; }Iais on vit que le capitaine Voulait faire grâce au curé.

On chassa du pied le jésuite; Et le mort semblait dire : Assez!

Quoiqu'il dût regretter la suite De nos grands combats commencés.

Il avait sans doute à Marine Quelques bons vieux amours tremblants ; Nous trouvâmes sur sa poitrine Une boucle de cheveux blancs.

Une fosse lui fut creusée A la bayonnette, en priant; Puis on laissa sous la rosée Dormir ce brave souriant.

Le bataillon reprit sa marche,

A la brune, entre chien et loup;

Nous marchions. Les ponts n'ont qu'une arche.

Des pâtres au loin sont debout.

La montagne est assez maussade; La nuit est froide et le jour chaud; Et l'on rencontre l'embrassade Des grands ours de huit pieds de haut.

L'homme en ces monts naît trabucaire; Prendre et pendre est tout l'alphabet; Et tout se règle avec l'équerre Que font les deux bras du gibet.

On est bandit en paix, en guerre On s'appelle guérillero.

Le peuple au roi laisse tout faire; Cet ânier mène ce taureau.

Dans les ravins, dans les rigoles Que creusent les eaux et les ans, De longues files d'espingoles Rampaient comme des vers luisants.

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