‹ F. BoucherChapitre 47 sur 67 · LH MARCHAND DU TA DM OC SI. S · texte numérisé non relu

LH MARCHAND DU TA DM OC SI. S

Par F. Boucher; reproduit d’apres une épreuve Je In collection Je M. Henri l.ncroix.

LES ARTISTES CELEBRES

six derniers mois de 1755.» — On lui alloua, de ce chef, jusqu’en 1765 ’, 2,000 livres par an, qui furent d’ailleurs très irrégulièrement payées et seulement après de longs retards.

Les dernières années de la direction d’Oudry avaient été troublées par la lutte qu’il avait eu à soutenir contre les tapissiers2. La nouvelle de la nomination de Boucher — qui partageait d’ailleurs les idées de son prédécesseur sur ou plutôt contre « le coloris de tapisserie » — fut accueillie avec une satisfaction bruyante par les entrepreneurs et artistes de la manufacture, qui se donnèrent ainsi le plaisir de faire, contre leur ancien directeur, une petite manifestation rétrospective. « M. Boucher nous a dit, écrivaient-ils au directeur général, qu’il avait refusé des offres avantageuses qui lui ont été faites de la part de la manufacture de Beauvais, pour s’attacher entièrement à nous; au moyen de quoi nous marcherons tous d’un pas égal, sans aucun sujet de jalousie, et ne lui cacherons rien dans la manutention de nos ouvrages et des différentes difficultés dont l’art de la tapisserie est susceptible. » — Marigny répondit froidement, en les félicitant de leurs bonnes dispositions, qu’il écrivait à M. Boucher qu’il comptait sur ses ouvrages pour la manufacture des Gobelins, où « il les verrait exécuter avec plus de précision qu’à Beauvais 3. »

Boucher fut dès lors le grand pourvoyeur des ateliers de tapisserie. Il commença, quelques mois après sa nomination, par s’occuper de sept tentures pour l’appartement du Roi, à Compiègne. « Pour ranimer la manufacture, que les répétitions trop fréquentes des memes tapisseries, à défaut de nouveaux tableaux, ont fait tomber en langueur, Votre Majesté voudrait-elle bien approuver qu’on en fit sept nouveaux, dont on laisserait la liberté du choix du sujet au peintre qui en serait chargé — pour n’être cependant exécutés en tapisseries qu’après que Votre Majesté en aurait agréé les dessins et les esquisses », disait Marigny dans un rapport du 7 novembre 1755, revêtu du Bon du Roi. « Si c’était l’intention de Votre Majesté, je la supplie très humblement de me permettre de charger le sieur Boucher de travailler à ces tableaux :

Page 1