‹ F.-X. Garneau et Francis ParkmanChapitre 10 sur 14 · V JUGEMENT SUR « L'HISTOIRE DU CANADA · texte numérisé non relu

V JUGEMENT SUR « L'HISTOIRE DU CANADA

Pour apprécier avec justice et impartialité l'œuvre de M. Garneau, il faut se reporter à l’époque où il a commencé à écrire. Il traçait les premières pages de son Histoire au lendemain des luttes sanglantes de 1837, au moment où l'oligarchie triomphante venait de consommer la grande iniquité de l’union des deux Canadas, lorsque par cet acte elle croyait avoir mis le pied sur la gorge à la nationalité canadienne: La terre était encore fraîche sur la tombe des victi-

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mes de l’échafaud, et leur ombre sanglante se dressait sans cesse devant la pensée de l’historien ; tandis que, du fond de leur lointain exil, les gémissements des Canadiens expatriés, leur . prêtant une voix lugubre, venaient troubler le silence de ses veilles. L’horizon était sombre, | l’avenir chargé d’orages, et quand il se penchait à sa fenêtre, il entendait le sourd grondement de cette immense marée montante de la race anglo-saxonne qui menaçait de cerner et d’engloutir le jeune peuple dont il traçait l’histoire, comme elle avait déjà submergé deux nationalités naissantes de même origine : au sud, celle de la Louisiane (1) ; au nord, celle de cette infortunée Acadie, jetée aux quatre vents du ciel. Parfois il se demandait si cette histoire qu'il écrivait n’é-

- tait pas plutôt une oraison funèbre.

L'heure était donc solennelle pour remonter vers le passé, et le souvenir des dangers qui me-

(1) Lorsque nous écrivions ces lignes en 1866, nous avions, comme M. Garneau, quelque espoir dans l’avenir de la nationalité française en Louisiane; mais nous sommes obligés d’avouer, à notre grand regret, que nous avons perdu toute illusion à cet égard, depuis que nous avons séjourné en Louisiane, durant les hivers de 1880 et 1881, et que nous avons constaté la tendance universelle de la population créole à s’américaniser. On ne peut se dissimuler que, dans un avenir qui n’est pas éloigné, la terre où La Salle, Bienville et d’Iberville se sont immortalisés n’aura plus rien de français que le nom.

Nous venons de rappeler le souvenir de d’Iberville. On sait que cet illustre marin mourut dans le port de la Havane, en 1706 ; mais ce qu’on ne sait pas, c’est que ses restes reposent à côté de ceux de Christophe Colomb dans la cathédrale de la Havane. Voici l'extrait de sépulture de d’Iberville qui constate ce fait, et que nous avons copié nous-même, aux archives de la cathédrale de la Havane, le 26 février 1885. :

naÇçaient la société canadienne prête un intérêt dramatique à ses récits. On y sent quelque chose de cette émotion du voyageur assailli par la tempête au milieu de l’Océan, et qui, voyant le navire en péril, trace quelques lignes d’adieu qu'il jette à la mer, pour laisser après lui 1n souvenir. :

Au milieu des perplexités d’une telle situation, le patriotisme de l’historien s’enflammait, son regard inquiet scrutait l’avenir en interrogeant le passé, et y cherchait des armes et des moyens de défense contre les ennemis de la nationalité canadienne. Car l'Histoire du Canada n’est pas seulement un livre, c’est une forteresse où se livre une bataille qui est déjà devenue une victoire sur

LIBRO 4° DE DEFUNCTIONES DE BLANCOS ANO 1706 No 58 Monsieur Mon { En la ciudad de la Habana en cinco de DE BERBILA. setiembre de mil setecientos seis años se enterro en esta Santa Iglesia Parroquial Mayor de Sn Cristobal, Monsieur Moin de Berbila, natural del Reino de Francia recibio

los santos sacramentos I lo firmo.

JN DE PETRAZA

(Traduction)

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