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PRÉFACE DE L'ÉDITION ANGLAISE. IX

dans le caractère de cette sainte. L'auteur du livre qu'on va lire a donc cru devoir se placer au môme point de vue.

A-t-il atteint le but qu'il s'était proposé ? Ce sera au lecteur à en juger. Quoi qu'il en soit, et môme en regardant la somme plus ou moins grande d'instruction qu'on peut attendre d'un livre de ce genre, c'est-à-dire d'un ouvrage fait pour la simple lecture, on pourra constater par la comparaison des sujets par nous traités — soit directement, soit indirectement — avec les sujets semblables exposés dans les ouvrages élémentaires — par exemple les Mœurs des chrétiens, de Fleury, livre qui embrasse plusieurs siècles de plus — que nous avons donné dans ces pages tout autant de connaissances positives sur les pratiques et les croj'ances de ces temps primitifs, qu'on en pourrait trouver dans des ouvrages d'une forma plus didactique.

En même temps, le lecteur se souviendra toutefois que ce livre n'est nullement bistorique. 11 ne comprend qu'une période de quelques mois, renfermée dans quelques chapitres rapides. C'est plutôt une série de tableaux qu'une narration d'événements proprement dite. Aussi on y trouvera réunis dans un petit espace des faits qui se sont passés à différentes époques et dans des pays différents. Il n'a été tenu aucun compte de la chronologie historique. Ainsi la date de l'édit de Dioclétien a été avancée de deux mois ; le martyre de sainte Agnès a été transféré d'une année entière ; la période de saint Sébastien, bien qu'incertaine, a été placée plus près de nous. Cependant tout ce qui touche à la topographie chrétienne a été observé aussi fidèlement que possible; seulement le récit d'un martyre a été placé à Imola au lieu d'être à Fundi.

Il était nécessaire de présenter quelques appréciations de la morale et des opinions du monde païen, pour faire contraste avec les opinions et la morale des chrétiens. Mais les teintes les plus repoussantes de ce triste tableau ont été soigneusement adoucies, car nous ne voulions rien montrer à nos lecteurs qui pût blesser l'œil ou la pensée d'un esprit chrétien. Nous avons désiré que cet ouvrage — écrit par l'auteur pour se délasser — put être également pour Is Iscteur une diversion accidentelle à des occupations plus sérieusei

X PUUFACE DE L EDITION ANOLAISB.

, mais nous avons désiré aussi qu'il pût, après l'avoir lu, se rendre ce témoignage qu'il n'a pas perdu son temps, et qu'il n'a pas or,cupé son esprit d'objets frivoles. Nous avons espéré surtout qu'il pourrait [)uiser dans ces pages quelque sentiment d'admiration et d'amour pour ces temps primitifs, qu'une curiosité exagérée, touchant des époques plus nouvelles iL plus brillantes de l'Eglise, tend à dimmuer et à obscurcir.

H Septembre 1834,

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