‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 112 sur 182 · LE PAYSAN ET LES MOINEAUX · texte numérisé non relu

LE PAYSAN ET LES MOINEAUX

Un paysan, la peau tannée Par le soleil Et le cœur en éveil, En invoquant la Providence, Semait, en abondance Et d’une adroite main,

Dès le matin de la Journée, |

Dans les sillons titdis, le plus pur de son grain, Des moineaux qui faisaient leur gentil babillage Ensemble ou tour à tour Dans le feuillage, | D'’alentour, Le virent tout à coup et, d’une aile rapide, | En bande intrépide Volèrent vers lui.

— Veux-tu, lui dirent-ils nous donner aujourd’hui La nourriture ?

La vie est dure

Et rien ne pousse encor dans les champs déflorés.

— Mangez, mes pauvres éplorés, Répondit le semeur; saccagez mon domaine ; Je ne voudrais faire de peine, Ni gros ni peu, Aux oiseaux du bon Dieu.

Et tes moineaux mangèrent, Puis gaîment voltigèrent De buissons en buissons

En disant leurs chansons.

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