LE PAYSAN ET LES MOINEAUX
Un paysan, la peau tannée Par le soleil Et le cœur en éveil, En invoquant la Providence, Semait, en abondance Et d’une adroite main,
Dès le matin de la Journée, |
Dans les sillons titdis, le plus pur de son grain, Des moineaux qui faisaient leur gentil babillage Ensemble ou tour à tour Dans le feuillage, | D'’alentour, Le virent tout à coup et, d’une aile rapide, | En bande intrépide Volèrent vers lui.
— Veux-tu, lui dirent-ils nous donner aujourd’hui La nourriture ?
La vie est dure
Et rien ne pousse encor dans les champs déflorés.
— Mangez, mes pauvres éplorés, Répondit le semeur; saccagez mon domaine ; Je ne voudrais faire de peine, Ni gros ni peu, Aux oiseaux du bon Dieu.
Et tes moineaux mangèrent, Puis gaîment voltigèrent De buissons en buissons
En disant leurs chansons.
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