LIVRE PREMIER
—On se croirait dans un tombeau, Dit-elle, à quatre pieds sous terre.
Dispensons nos bienfaits Aux mortels stupéfaits, Et de la nuit débrouillons le mystère !
A ces mots, elle perce un peu l'obscurité : |
— Vois done comme je brille avec sécurité, Et comme à chaque objet je redonne sa forme : (| Reprend-elle aussitôt, |
Et le flambeau lui dit :
—Ton éclat est superbe et ma force est énorme : Tous deux, sans contredit, Nous suffisons pour éclairer le monde.
Vois comme de mes feux, à cette heure, j'inonde
La nuit Qui fuit !
—Oui, nous faisons pâlir, en effet, les étoiles.
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—Nous enlevons aux cieux, vois done, leurs sombres voiles,
— Les rochers, les forêts, la verdure, les fleurs Sous nos rayons ardents reprennent leurs couleurs,
— Et l'oiseau nous salue et lorient se dore !
— Et le monde s’éveille et le ciel se colore !
C était le soleil Es S
Poursuivant sa carrière, Ï noyait l'univers dans ses flots de lumière : Et le flambeau mouvant ît la lampe, sa compagne, Croyaient que c’étaient eux qui répandaient ainsi, Dans le ciel et sur la campagne, Cette douce clarté qui les noyait aussi,
Vos systèmes menteurs pensent de la nature, | O philosophes vains, éclairer les seer ets, Voyez-les donc pélir quand la Foi, l'Ecriture
Proclament leurs décrets !
FABLE VIII