LIVRE QUATRIÈME
Cherchait, dans les grands bois, Des mousses, des fougères, De ces fleurs qui parfois Vêtent des robes étrangères, Il tomba soudain dans un trou Plein de feuilles, de branches mortes Et d’ossements de toutes sortes, C'était le lit d’un carcajou.
Le fauve s’élance et s'accroche, Suivant sa facon, Au rameau le plus proche Pour se jeter de là sur le pauvre garcon.
Mais celui-ci prend aussitôt sa flûte Et fait redire aux bois des chants mélodieux. La bête dans son cœur sent une étrange lutte, Puis le voile de sang qui recouvrait ses yeux Petit à petit se déchire ; Elle soupire, Descend de l'arbre et vient comme pour implorer
Celui que tout à l’heure elle allait dévorer.
Les paroles de paix et la douceur de l'âme Ont désarmé plus d'ennemis
Que la force brutale ou les discours de flamme N'en ont jamuis soumis.
FABLE XII