‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 146 sur 182 · LE BAVARD L · texte numérisé non relu

LE BAVARD L

Ceux qui parlent beaucoup ne réfléchissent guëres, {| Maïs il ne s’en suit pas— j'en fais ici l’aveu— 1} Qu'on réfléchit beaucoup lorsque l’on parle peu. lt S'il en était ainsi que de têtes légères | 1] Passeraient pour avoir du plomb ! À } 4 J'ai connu quelque part un rustre | Que sa langue avait fait illustre 1 1 r lot !

Et qui vous assommait son monde avec aplomb,

ELLE - Eci-

| | 280 FABLES % | Toute gazette }i Dans la disette

Lil 14 | Pouvait compter sur son secours. |

Il savait les secrets de tout le voisinage, Et si la paix régnait dans un nouveau ménage, | Ce n’était que par son concours.

| Si l’on faisait une assemblée | IL était le premier rendu, Et, sans avoir rien entendu,

1 Il approuvait ou eondamnait d'emblée.

{| À Entendait-il parler d’un meurtre ou d’un larcin, | Commis avec un mystère suprême, l Il aurait mis sa main dans le feu, tout de même, | JL Qu'il devinait déjà le voleur, l'assassin. AI I1 savait le comment de toutes les chicanes, | | De quel côté le droit, de quel côté le tort ; (LR Il vous expliquait sans effort "1 / Des procès embrouillés les perfides arcanes. + 4 On l’appelait en cour et souvent et de loin | | | Comme témoin, | Î Dans l'espoir de voir la lumière | à Se faire tout entière If À Sur quelque sujet contesté.

| | Mais il n’en était rien, et son long témoignage, | | Fièrement attesté,

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