‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 150 sur 182 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

Comme des objets curieux.

Le mystère, pour nous, n’est plus mystérieux. Le son est pris au vol; il est mis en réserve, Sur l'étain, Pour le siècle le plus lointain.

La table parle et danse, et le savant observe Aujourd’hui Un monde tout nouveau qui grouille autour de lui. L'homme enfin devine Son humble origine, Si l’on en croit Darwin, Ei n’a plus raison d’être vain.

Que dis-je ? le progrès est acclarné des Lôtes Et fait lever toutes les têtes.

On s’est mis à l'étude avec avidité, Et bientôt, on l'espère, Le fauve en son repaire, Rougissant de sa nudité, Se couvrira d'habits modestes, .

Mais toujours nos modistes lestes, Afin de ménager une étoffe de prix Aux maris, Des femmes avec art montreront les épaules.

Le monde est mesuré jusques à ses deux pôles, Et ses vastes dimensions, Pour certaines ambitions, Sont trop étroites.

Muis qu'est donc tout cela devant les beaux discours Et les prétentions adroites De quelques singes de nos jours ?

Ce fut sur la terre d'Afrique, Sous de superbes cocotiers, Que ces singes de tous métiers Tinrent leur congrès historique, Voulaient-1ls nous parodier

Et se vêtir aussi de linge ?

Non ; ils voulaient étudier L'origine du Singe.

Les philophes, les penseurs, Les savants, les naturalistes,

Les antiquaires, les censeurs,

Les poètes, les cabalistes Y débitérent gravement Les pages les plus étonnantes.

Mais un scandale énorme eut lieu soudainement, Quand plusieurs, de leurs voix tonnantes,

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