‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 152 sur 182 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

—Chacun son goût, dit-il, et chacun Sa Manière : Moi j'accepte le bien Qu'on me donne pour rien,

Et ce pâté, je crois, Vaut que je m’arrête en route. Mais je serai bon rat Et pas du tout ingrat,

Je mangerai la mie et laisserai la croûte,

Puis tout en devisant De ce ton suffisant, Il cherchait dans les coins un facile passage ; Mais il eut beau chercher Tout autour du plancher Il r’apercut nul trou dont il put faire usage,

— Bah ! je vais en faire un :

Si je travaille à Jeun Je mangerai, dit-il, joliment davantage : . Le pâté, tendre ou dur, Y passera bien sûr, Et personne avec moi ne fera de partage,

A Il se mit à ronger Sans nullement songer

Qu'un chat couché R-haut pouvait fort bien l'entendre.

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Le matou bon sujet Devina son projet,

Se blottit dans un coin et résolut d'attendre. Or, le rat imprudent D'un dernier coup de dent

Achève l'ouverture ; il se montre la tête ;

| Le chat l’attrape alors

Et l’amène au dehors :

—Nous serons deux, dit-il, pour terminer la fête ; J’ai comme toi, petit, Assez bon appétit.

Quand l'espoir d'un plaisir ou d'un gain vous uppelle, N'allez pas au danger D'un cœur vain ou léger,

N'exposez pus vos jours pour une bagutelle.

FABLE III

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