‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 165 sur 182 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

Or, à l’époque des moissons, Un paysan le vit et détourna la tête

D'un air tout à fait dédaigneux.

L'arbrisseau fut choqué, de cet air malhonnête.

—Si j'avais un maître soigneux, Dit-il en agitant sa tête à moitié sèche,

Je grandirais et serais beau :

Transplante-moi, pour voir, dans un riche terreau.

u Le bon paysan prit sa bêche | Et du sol appauvri tira l'arbre plaintif ; Ne doutant pas qu’il fut d’un fort bon caractère, I alla le planter au milieu de sa terre, Et fut bien attentif À lui donner des soins de toutes sortes.

Le cenellier grandit ;

Son feuillage verdit, | Jouvrant d’un voile épais les branches demi-mortes ; Mais sous ce beau feuillage avaient aussi poussé

Les épines cruelles.

iies se cachaient mieux et déchiraient les ailes De l'oiseau confiant qui s’envolait blessé,

Ne cultivez jamais une mauvaise plante, :

Jamuis, non plus, les cœurs méchants :

Votre tendresse vigilunte

Perdrait ses soins touchan {s, Car la culture Ne corrige pas fréquemment Notre nature Et lui donne toujours un grand raffinement.

ent.

FABLE XIV

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