‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 172 sur 182 · LA NON-INTERVENTION · texte numérisé non relu

LA NON-INTERVENTION

Les gloutons partirent en guerre

Contre les visons,

Et l’on ne sut guère

Pour quelles raisons.

Comme nous quelquefois les bêtes Aïiment à faire des conquêtes Et tout prétexte est bon alors.

Peu rompus à la discipline, Les visons dont l'esprit incline

À la paix au dedans à la paix au dehors, Eprouvèrent quelques défaites, Et, sur les entrefaites, Requirent l’aide du renard.

Celui-ci répondit d’un ton fort goguenard :

—Je crois que le glouton, en effet, anticipe S'il a l'intention De réunir la faune en une nation ; Mais je n’interviens pas à cause du principe De la non-intervention.

Les visons malheureux n’eurent pas plus de chance Auprès de maître loup.

Ils furent dispersés ; ce fut leur déchéance, Ce fut le dernier coup.

Le glouton orgucilleux se plut à donner suite A ses brillants projets :

Il lui fallait d’autres sujets.

Il traqua le renard, le prit ou mit en fuite Sans même lui dire pourquoi. Et puis qu'aurait pu faire Un long discours en cette affaire ?

Chacun, d’après la grande loi,

nee

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