‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 18 sur 182 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Il la prit. Alors un ours morose, Jaloux du bon morceau, lui barra le chemin, Le renard salua son terrible voisin Et voulut s'échapper,

— Il me faut autre chose, Lui dit le vieux grognard.

— Vous faut-il deux saluts ? demande le renard Avec une peur mal cachée,

— Il me faut la perdrix.

—Ce n’est qu’une bouchée, Mais, bah! partageons-la. Je voudrais faire plus.

—Je veux tout; ne fais pas de discours superflus ; Et quand j'aurai croqué cette bête emplumée, Foi d’outs canadien !

Si ma faim n'est pas calmée Je te croquerai bien.

D diet ’ de LE RS - ÿ ERA POP tr md D ee ntamos 2 2

54 l'ABLES

— Tu n'auras rien, brigand, éest moi qui te l’assure, Réplique le renard à son vieux souverain.

Et, d'un bond, il recule au bord d’une fissure

Qu'il vient d'apercevoir au milieu du terrain,

— Comment, maraud, tu me jettes l’insulte A moi le roi des bois? dit l'ours tout irrité ; Tu connaîtras bientôt la peine qui résulte D'une telle témérité,

— Viens done, Ô roi des bois, je t’attens, et sans crainte : Je suis solide comme un roc.

L'ours s’élanca. Pour éviter le choc, Le renard, dont la bravoure était feinte, Fit un saut de côté. L'ours tomba lourdement Dans l'ouverture béante En poussant un gémissement, Et le renard reprit d’une voix obligeante :

—‘Juand vous serez sorti n'oubliez pas, seigneur, De venir me voir tout de suite; Vous me ferez beaucoup d'honneur Et la perdrix sera bien cuite.

0 a nm M commen pre ee +

Page 1