LIVRE PREMIER b
En roulant ces pensers dans son esprit de bête, Il atteignit l’arrête Du rocher.
L’aigle, qui le vit approcher,
Craignit pour sa progéniture Et se mit l’âme à la torture Pour trouver le moyen d'éviter un malheur.
Avec les vanite 1x il est bon de se taire Ou de vanter bien haut leur menteuse valeur ; L'aigle salua jusqu’à terre :
—Je ne puis revenir de mon étonnement, Dit-il. Monter ici sans ailes, quel mystère ! Je voudrais voir le loup, le lion, la panthère Gravir ainsi que vous cet âpre escarpement :
, Ils en sont incapables : Ils se vantent, pourtant, de régner tous sur vous,
—Sur moi ? Vous voyez qu'ils sont fous Autant qu’ils sont coupables,
— C'est vrai, répondit l'aigle avec un air soumis. Tenez! les voyez-vous, ajouta-t-il encore,
Ces lâches ennemis Qu'autant que vous j'abhorre ?
[ls font, dans leur courroux, Contre vous alliance, Car de votre vaillance,
Ils sont jaloux.
Peut-être pourront-ils, après assez de peines,
Arriver jusqu'ici,
Mais pour monter plus haut leurs forces seraient vaines
Et leur courage, vain aussi.
— Et moi, fit le serpent avec inquiétude, Que puis-je done faire de plus ?
Pour n'élever encor, j'en ai la certitude, Mes efforts seraient superflus
Puisque je suis enfin arrivé sur la cime.
—Je vous prêterai bien mes ailes, mon ami à Et le Hu et ia fourmi Seront tout un pour vous, de la hauteur sublime Où vous les verrez.
—Muis comment, moi serpent, me servir de vos ailes ? Vous me le direz, Car ce sont là pour moi des choses fort nouvelles.
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