LIVRE PREMIER
Cvrtainss gains eroyaient à sa parole, Car, voyez-vous, la thèse la plus folle Trouve des partisans, il faut en convenir, Pour la soutenir.
Notre sculpteur fouilla done un bloc de C | ( D'une blancheur fort rare Avec son magique ciseau.
arrare
[ travailla longtemps. Sous les coup L'on vit se dessiner une belle madone, Son air était si pur, ses traits, si gracieux, Qu elle semblait avoir ce feu que l’âme donne Et qu’elle prend aux cieux.
Et l'artiste, ravi de son œuvre sublime, Ne sortait qu’à regret de son humble atelier ; Un sentiment d'amour étrange et légitime A ce fruit de ses mains paraissait le lier, Il y rêvait avec ivresse :
Il en parlait toujours !
Il triomphait dans les concours,
Et puis sa renommée agrandissait sans c.sse.
Cependant, un matin,
Auprès de sa statue il en voit, Ô merveille !
Une autre tout à fait pareille,
s du marteau
Ses yeux ont un éclat divin, Puis une larme, Les voilant à demi, leur donne un plus doux charme.
Un rayon tout mystérieux Autour de son front glorieux
Décrit ure auréole,
Et jette doucement
Dans l’humble appartement ?
Une lumière chaste et molle.
Le sculpteur s'arrête étonné :
— Quel rival fortuné ëst venu m'écraser du poids de son génie ?
Dit-il, O cruelle avanie !
Je briserai mon œuvre et ne tenterai plus Des efforts superflus !
La madone nouvelle Eut un souris bien doux :
— Ne soyez pas jaloux, Mon enfant, lui dit-elle, De l'œuvre du Seigneur.
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