LIVRE DEUXIÈME
Il peut devenir un héros
Celui-là que la faim poignarde….
Las de guetter l’occasion,
Notre loup finit par comprendre
Qu'il devait autrement s'y prendre à
Et risquer une invasion.
Que l’on soit loup, que l’on soit homme, |! À Il faut manger ; ":
La vie à cela se consomme :
Tanner n’y pourra rien changer. |
Îl aborda, la gueule ouverte | |
Et d'un air bien déterminé, |
Un troupeau qui dans l'herbe verte
Faisait sieste après diné.
Le chien accourut tout de suite, {
Mais le loup ne prit point la fuite ;
Il fallut donc parlementer.
—J’ai faim, je mange, dit le fauve, Rien qu’un mouton et je me sauve :
Je suis facile à contenter.
—Qu'à pas un ta griffe ne touche, Répliqua le cerbère, ou bien
Cet “ou bien ” avait l'air farouche, Mais ie loup ne fit cas de rien Et continua sa menace.
Le chien qui n'était pas bonasse
Se creusa le cerveau î Pour trouver un moyen nouveau De protéger la bergerie,
| — Vous avez faim? dit-il au loup; | Si ce n’est point plaisanterie
| Je vous ferai manger beaucoup
f Et j'adoucirai votre peine :
Enrôlez-vaus dans mon troupeau, Allez paître au son du pipeau