LIVRE TROISIÈME
Où ie ne suis guère entendu, Comme dans bien des cas, linnocent fut perdu Et le tribunal, exceusable.
' Voici le fuit :
Un chat d’une vertu fort bien enracinée, Mais pas sans défauts tout à fait :
Ce qui n'est dans la destinée Ni du chat, Ni de l’homme ; Un chat qui ne portait ni cordon, ni crachat, Mis qui valait, en somme, | Bien des chats décorés, Vit un trou, dans une salle, Où quelques rats s'étaient fourrés, 1re ; Aussitôt il s’installe, Il se blottit, silencieux, Guettant de la griffe et des yeux.
| Mais la même pensée et la même posture | > Endorment lesprit et le corps ;
Il s'endormit alors, Et c'était le moment où les rats, d'aventure,
Sortuient du trou ; Is s'échappèrent tous :
Or, lui, voilà qu’en songe Il allonge Et la patte et le cou, Et chaque coup de uritte Prend un rat impudent, Et chaque coup de dent Le bifte Du nombre des vivants.
Dans ses rêves émouvants, Il finit par tous les détruire.
“ Emouvants” c’est le mot qu’il me faut pour traduire De pareils songes, en effet, Et ce n’est pas une cheville.
Notre chat, satisfait, Se réveille, s'étire et se recroqueville ; I se dit que jamais on ne vit coup pureil, Et s’en va faire la sieste Sur la porte, au soleil.
Les rats grugent partout: on les voit, on l’atteste ; Mais il n’en croit plus rien, il en a tant mangé. C'est en ce moment-là qu’il fut pris et jugé. Réver, c’est fort plaisant, souvent cest une tréve À lu bunulité ; Mais gurdez-vous toujours le prendre colre rêve
Pour la réalité.
raduire | FABLE VII