LE GLOUTON ET L'ÉCUREUIL
Un glouton affamé,—comme sont, d'ordinaire, Ces malotrus
Qui s'occupent fort peu de notre art culinaire Et nous mangent tout crus, —
Un glouton qui passait sous un noyer syperbe, Le nez bas, en sournois, Apereut une noix
Dans l’herbe. La broyer sous ses crocs aussi durs que le fer
Fut l'affaire d’une seconde :
L' — Pouah ! fit-il aussitôt, rouvrant sa gueule immonde, Que ce fruit est amer !
| Un petit écureuil à la mine friponne Qui d’une branche à l’autre allait d’un bond léger, | Lui dit alors :
—La noix est bonne, Mais il faut savoir la manger.
| Que d'appétits grossiers, par leur urdeur brutale, Gâtent tout leur bonheur !
Combien ne cherchent pas sous sa rugueuse écale
| | L'amande pleine de saveur !
nonde,
er,
FABLE XII