XXXII. LE LION DEVENU VIEUX
Le lion, terreur des forêts.
Chargé d'ans et pleurant son antique prouesse, Fut enfin attaqué par ses propres sujets,
Devenus forts par sa faiblesse.
5 Le cheval s'approchant lui donne un coup de pied; Le loup, un coup de dent; le bœuf, un coup de corne. Le malheureux lion, languissant, triste, et morne, Peut à peine rugir, par l'âge estropié. 11 attend sou destin, sans faire aucunes plaintes; 10 Quand voyant l'âne même à son antre accourir: Ah! c'est trop, lui dit-il; je voulais bien mourir; Mais c'est mourir deux fois que souffrir tes atteintes.