‹ Fables choisies. [Edited] by Leon DelbosChapitre 51 sur 141 · LIV. LE SERPENT ET LA LIME · texte numérisé non relu

LIV. LE SERPENT ET LA LIME

On conte qu'un serpent, voisin d'un horloger (C'était pour l'horloger un mauvais voisinage), Entra dans sa boutique, et, cherchant à manger, N'y rencontra pour tout potage 5 Qu'une lime d'acier qu'il se mit à ronger. Cette lime lui dit, sans se mettre en colère: Pauvre ignorant! et que prétends-tu faire? Tu te prends à plus dur que toi, Pertit serpent à tête folle :

10 Plutôt que d'emporter de moi

Seulement le quart d'une obole, Tu te romprais toutes les dents, Je ne crains que celles du temps.

Ceci s'adresse à vous, esprits du dernier ordre, 15 Qui, n'étant bons à rien, cherchez surtout à mordre.

Fables de Lafontaine. 51

Vous Yous tourmentez vainement.

Croyez-vous que vos dents impriment leurs outrages

Sur tant de beaux ouvrages ?

Ils sont pour vous d'airain, d'acier, de diamant.

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