‹ Fables choisies, mises en vers T. 3Chapitre 4 sur 98 · DE MONTESPAN · texte numérisé non relu

DE MONTESPAN

L apologue eft un don qui vient des Immortels, Ou fi c’eft un préfent des hommes,

Quiconque nous l’a fait mérite des autels.

Nous devons, tous tant que nous fommes , Ériger én Divinité

Le Sage par qui fut ce bel Aït inventé.

C'eft proprement un charme: il rend l’ame attentive, Ou pluftôt il la tient captive, Nous attachant à des récits |

Qui menent à fon gré les cœurs & les efprits.-

O vous qui l'imitez’, Olympe, fi ma Mule

À quelquefois pris place à la table des Dieux,

Sur fes dons aujourd hui daignez porter les yeux ee

Favorifez les jeux où mon efprit s’'amufe.

Le temps qui détruit tout, refpeétant votre appui,

Me laiffera franchir les ans dans cet Ouvrage:

Tout Auteur qui voudra vivre encore après lui,

Doit s ‘acquérir votre fuffrage.

C'eft de vous que mes vers attendent tout leur prix: Il n’eft beauté dans nos Ecrits ,” Dont vous ne connoifliez jufques aux moindres traces : Eh ! qui connoît que vous les beautés & les graces?

Paroles & regards, tout eft charme dans vous. Ma Mufe, en un fujet fi doux, Voudroit s'étendre davantage:

. Mais il faut réferver à d’autres cet emploi,

Et d'un plus grand Maître que moi Votre louange eft le partage.

Olympe, c’eft affez qu'à mon dernier Ouvrage Tome III. EC

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