‹ Fables choisies, mises en vers T. 3Chapitre 52 sur 98 · Tome IIL, ni · texte numérisé non relu

Tome IIL, ni

Le

78 FABLES “CHOTSTE S. | A EAMBÉE XVE

L'HOROsSCOPE.

On rencontre fa deftinée Souvent par des chemins qu’on prend pour l’éviter.

Un pere eut pour toute lignée

Un fils qu'il aima trop, jufques à confulter Sur le fort de fa géniture, Les difeurs de bonne aventure.

Un de ces gens lui dit, que des lions fur-tout

1 éloignât l'enfant jufques à certain âge, Jufqu'à vingt ans, point davantage, Le pere, pour venir à bout

D'une précaution fur qui rouloit la vie

De celui qu'il aimoit, défendit que jamais .

On lui laiffät pañler le feuil de fon palais.

IL pouvoit, fans fortir, contenter fon envie; Avec fes compagnons tout le jour badiner, Sauter, courir, fe promener.

Quand il fut en l’âge où la chaffe Plaïît le plus aux jeunes efprits, Cet exercice avec mépris Lui fut dépeint: mais quoi qu’on fafle, Propos, confeil, enfeisnement , Rien ne change un tempérament.

LL. jeune homme inquiet, ardent, plein de COUragE ; À peine fe fentit des bouillons d'un tel âge, : Qu'il foupira pour ce plaifir.

Plus l'obftacle étoit grand, plus fort fut le defir. Il fçavoit le fujet des fatales défenfes :

Et comme ce logis, plein de magnificences, Abondoit par-tout en tableaux,

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