LIVRE HUITIEME
PARLE X< JUPITER ETéLES ÎONNERRES.
Jupiter voyant nos fautes,
Dit un jour du haut des airs:
Rempliflons de nouveaux hôtes
Les cantons de l'Univers,
Habités par cette race
Qui m'importune & me Îaffe.
Va-t-en, Mercure, aux enfers:
. Amene-moi la furie
La plus cruelle des trois.
Race que j'ai trop chérie,
Tu périras cette fois.
Jupiter ne tarda guere
À modérer fon tranfport.
O vous, rois, qu'il voulut faire Arbitres de notre fort, Laiflez entre la colere Et l'orage qui la fuit, L'intervalle d’une nuit.
Le Dieu dont l’aîle eft légere, Et la langue a des douceurs, Alla voir les noires fœurs.
A Tifiphone & Mégere
Il préféra, ce dit-on, L'impitoyable Alecton.
Ce choix la rendit fi fiere, Qu'elle jura, par Pluton,
Que toute l’engeance humaine Seroit bien-tôt du domaine
Des déités de là-bas.
Jupiter n'approuva pas
Le ferment de l’'Euménide.
Il la renvoie, & pourtant
Il fance un foudre à l’inftant Sur certain peuple perfide.
Le tonnerre ayant pour guide Le pere même de ceux
Qu'il ménaçoit de fes feux, Se contenta de leur crainte.
Il n'embrafa que l'enceinte D'un défert inhabité.
Tout pere frappe à côté.
Qu'arriva-t-il? notre engeance
Prit pied fur cette indulgence.
Tout l'olympe s’en plaignit;
Et l’affembleur de nuages
Jura le Styx, & promit
De former d’autres orages :
Ils feroient fürs. On fourit:
On lui dit qu'il étoit pere; | Et qu'il laiffât, pour le mieux, re À quelqu'un des autres dieux D'autres tonnerres à faire.
Vulcain entreprit l'affaire.
Ce Dieu remplit fes fourneaux
De deux fortes de carreaux.
L'un, jamais ne fe fourvoie,
Et c'eft celui que toujours
L'olympe en corps nous envoie.
L'autre s'écarte en fon cours:
Ce n'éft qu'aux monts qu’il en coûte:
Bien fouvent même il fe perd;
Et ce dernier en fa route
Nous vient du f iter.
u feul Jupiter (Fable cs 271
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