‹ Fables, composées pour l'éducation du duc de Bourgogne [par] De La Mothe-Fénelon. Avec une préfChapitre 16 sur 31 · LE JEUNE BACCHUS ET LE FAUNE · texte numérisé non relu

LE JEUNE BACCHUS ET LE FAUNE

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^^ jour le jeune Bacchus, que Silène instruisoit, cherchoit les Muses dans ^-un boccage dont le silence n'étoit le bruit des fontaines et par le chant des oiseaux. Le soleil n'en pouvoit avec ses rayons percer la sombre verdure. L'enfant de Semelé , pour étudier la langue des Dieux, s'assit dans un coin, au pied d'un vieux chêne, du tronc duquel plusieurs hommes de l'âge d'or étoient nez. Il avoitmême autrefois rendu des oracles, et le Temps n'avoit osé l'abattre de sa tranchante faux. Auprès de ce chêne sacré et antique, se cachoit un jeune Faune, qui prêtoit l'oreille aux vers que chantoit l'enfant, et qui marquoit à Silène par un ris mocqueur toutes les fautes que faisoit son disciple. Aussitôt les Nayades et les autres Nimphes du bois soiîrioient aussi. Le critique étoit jeune, gracieux et folâtre; sa tête étoit couronnée de lierre et de pampre. Ses tempes étoient ornées de grappes de raisin. De

son épaule gauche pendoit sur son côté droit en écharpe un feston de lierre, et le jeune Bacchus se plaisoit à voir ces feuilles consacrées à sa divinité. Le Faune 'étoit envelopé au-dessus de la ceinture par la dépouille affreuse et hérissée d'une jeune lyonne qu'il avoit tuée dans les forêts. Il tenoit dans sa main une houlette courbée et noueuse. Sa cjueuë paroissoit derrière comme se jouant sur son dos; mais, comme Bacchus ne pouvoit souffrir un rieur malin, toujours prêt à se mocquer de ses expressions, si elles n'étoient pures et élégantes, il lui dit d'un ton fier et impatient : K Comment oses-tu te mocquer du fils de Jupiter ? « Le Faune répondit sans s'émouvoir : « Hé! comment le fils de Jupiter ose-t-il faire quelque faute.'' »

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