‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 136 sur 271 · LIVRE V. FABLE X · texte numérisé non relu

LIVRE V. FABLE X

Et n'avaient point de bénéfices n :

La dot était fort mince. Un jeune jardinier Se présenta pour gendre ; on lui donna l'aînée..

Bientôt après cet hyménée La cadette devint la femme d'un potier.

A quelques jours de là, chaque épouse établie Chez son époux, le père va les voir.

Bonjour, dit-il, je viens savoir Si le choix que j'ai fait rend heureuse ta vie, S'il ne te manque rien, si je peux y pourvoir.

Jamais, répond la jardinière,

Vous ne fîtes meilleure affaire :

La paix et le bonheur habitent ma maison ; Je tâche d'être bonne, et mon époux est bon;

Il sait m'aimer sans jalousie,

Je l'aime sans coquetterie :

Ainsi tout est plaisir, tout jusqu'à nos travaux; Nous ne désirons rien, sinon qu'un peu de pluie

Fasse pousser nos artichauts.

— C'est là tout? — Oui, vraiment. — Tu seras satisfaite. Dit le vieillard : demain je célèbre la fête De Jupiter ; je lui dirai deux mots.

Adieu, ma fille. — Adieu, mon père.

Le prêtre de ce pas s'en va chez la potière

L'interroger, comme sa sœur,

Sur son mari, sur son bonheur.

Oh ! répond celle ci, dans mon petit ménage,

Le travail, l'amour, la santé,

Tout va fort bien, en vérité; Nous ne pouvons suffire à la vente, à l'ouvrage : Notre uuique désir serait que le soleil Nous montrât plus souvent son visage vermeil,

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