‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 198 sur 271 · LE BERGER ET LES ÉCHOS · texte numérisé non relu

LE BERGER ET LES ÉCHOS

On nous croirait gens à réflexions :

Hais nous disons beaucoup et nous ne pensons guère Bien rarement, de nos décisions

Sommes-nous les propriétaires.

Nous répétons de bouche ou par écrit, Ce que d'autres ont dit et souvent après d'autres.

Pure mémoire érigée en esprit ; Jugements étrangers que nous donnons pour nôtres. Un seul homme a jugé : bientôt mille jaseurs Adoptent son avis comme loi souveraine ;

Et ce torrent de rediseurs

Grossit si fort qu'il nous entraîne.

C'est trop s'abandonner à la pluralité,

Race imbécile que nous sommes.

Ce n'est pas là que gît la vraie autorité.

Pour garants de la vérité,

Comptons les raisons, non les hommes.

Nommé par son hameau pour décider d'un prix, Tityre, en un vallon bordé de mainte roche, Rêvait seul, méditait un arrêt sans reproche.

— Ciel, daigne m 'instruire, et me dis Lequel chante le mieux de Sylvandre ou d'Atis, S'écriait-il. L'Hio, de proche en proche,

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