‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 44 sur 271 · LE CHATEAU DE CARTES · texte numérisé non relu

LE CHATEAU DE CARTES

Un bon mari, sa femme et deux jolis enfants, Coulaient en paix leurs jours dans le simple ermitage Où, paisibles comme eux, vécurent leurs parents. Ces époux, partageant les doux soins du ménage, Cultivaient leur jardin, recueillaient leurs moissons; Et le soir, dans l'été soupant sous le feuillage, Dans l'hiver devant leurs tisons,

Ils prêchaient à leurs fils la vertu, la sagesse,

Leur parlaient du bonheur qu'ils procurent toujours;

Le père par un conte égayait ses discours,

La mère par une caresse.

L'aîné de ces enfants, né grave, studieux,

Lisait et méditait sans cesse ; Le cadet, vif, léger, mais plein de gentillesse, Sautait, riait toujours, ne se plaisait qu'aux jeux. Un soir, selon l'usage, à côté de leur père, Assis près d'une table où s'appuyait la mère, L'aîné lisait Rollin : le cadet, peu soigneux* 2 D'apprendre les hauts faits des Romains ou des Parthes* 5 , Employait tout son art, toutes ses facultés, A joindre, à soutenir par les quatre côtés

Un fragile château de cartes.

Il n'en respirait pas d'attention, de peur.

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