‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 77 sur 271 · LE DERVIS, LA CORNEILLE ET LE FAUCON · texte numérisé non relu

LE DERVIS, LA CORNEILLE ET LE FAUCON

Un de ces pieux solitaires Qui, détachant leur cœur des choses d'ici-bas, Font vœu de renoncer à des biens qu'ils n ont pas,

Pour vivre du bien de leurs frères, Un dervis, en un mot, s'en allait mendiant

Et priant; Lorsque les cris plaintifs d'une jeune corneille, Par des parents cruels laissée en son berceau, Presque sans plume encor, vinrent à son oreille. Notre dervis regarde, et voit le pauvre oiseau Allongeant sur son nid sa tête demi-nue :

Dans l'instant, du haut de la nue,

Un faucon descend vers ce nid 55 ;

Et, le bec rempli de pâture,

Il apporte sa nourriture

A l'orpheline qui gémit.

du puissant Allah providence adorable 58 !

S'écria le dervis : plutôt qu'un innocent Périsse sans secours, tu rends compatissant

Des oiseaux le moins pitoyable!

Et moi, fils du Très-Haut, je chercherais mon pain!

Non, par le prophète j'en jure 57 , Tranquille désormais, je remets mon destin

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