‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 15 sur 160 · LIVRE I, FABLE II. S · texte numérisé non relu

LIVRE I, FABLE II. S

Si deux sont d'un avis , le procès est jugé. > Les trois hommes venus , notre bœuf est chargé D'être le rapporteur; il explique l'afTaire,

Et demande le jugement.

Undes juges choisis, maquignon bas-normand,

Crie aussitôt : « La chose est claire, Le cheval a gagné. — Non pas , mon cher confrère, Dit le second Jugeur ' ; c'était un gros meunier ;

L'âne doit marcher le premier :

Tout autre avis serait d'une injustice extrême.

— Ohl que nenni, dit le troisième, Fermier de sa paroisse et riche laboureur,

Au bœuf appartient cet honneur.

— Quoi 1 reprend le coursier écumant de colère , Votre aus n'est dicté que par votre intérêt? — Eh mais! dit le Normand, par qui donc, s'il vousplall*?

N'est-ce pas le code ordinaire? »

1. Jugeur peut se dire d'an jage sans jugement. C'est un n;ot de raillerie et presque d'injure.

2. La réponse est bien d'un Normand; mais ici le maquignon, qui a donné la préférence au cheval, devrait alionder dans son sens et s'irriter arec lui contre les autres ntgeurt.

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