XVI. Le Danseur de corde et le Balancier
Sur la corde tendue un jeune voltigeur Apprenait à danser; et déjà son adresse,
Ses tours de force, de souplesse,
Faisaient venir maint speclaleur.
Sur son étroit chemin on le voit oui s'avance, Lebalaniier en main, l'air libre, le corps droit,
Hardi, léger autant qu'adroit; Il s'élève, descend, va, vient, plus haut s'élance.
Retombe, remonte en cadence.
Et, semblable à certains oiseaux Qui rasent en volant la surface des eaux,
Son pied touche, sans qu'on le voie, A la corde qui plie et dans l'air le renvoie. Notre jeune danseur, tout fier de son talent. Dit un jour : « A quoi bon ce balancier pesant
Qui me fatigue et m'embarrasse?