‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 18 sur 319 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Les âots savent tous se produire ; Le mérite se cache y il fsiut Taller trouver.

FABLE XX

y AVEUGLE ET LE PARALYTIQUE.

Aidons^nous mutuellement , La charge des malheurs en sera plus légère :

Le bien que Ton fait à son frère Pour le mal que Ton souffre est un soulagement. Confucius Ta dit; suivons tous sa doctrine : Four la persuader aux peuples de la Chine ,

Il leur contait le trait suivant:

Dans une ville de l'Asie

Il existait deux malheureux, L'un perclus, l'autre aveugle, et pauvres tous les deux Ils demandaient au ciel de terminer leur vie ;

Mais leurs cris étaient superflus , Ils ne pouvaient mourir. Notre paralytique, Couché sur un grabat dans la place publique , Souffrait sans être plaint : il en souffrait bien plus.

L'aveugle , à qui tout pouvait nuire ,

Était sans guide, sans soutien.

Sans avoir même un pauvre chien

Pour l'aimer et pour le conduire.

Un certain jour il arriva Que l'aveugle à tâtons , au détour d'une rue ,

Près du malade se trouva : . .

H entendit ses cris, son âme en fut émue.

Il n'est tels que les malheureux

Pour se plaindre les uns les autres.

J'ai mes maux, lui dit-il , et vous avez les vôtres :

Unissons-les , mon frère, ils seront moins affreux.

Hélas ! dit le perclus , vous ignorez , mon frère ,

Que je ne puis faire un seul pas ;

Vous-même vous n'y voyez pas :

A quoi nous servirait d'unir notre misère ? A quoi? répond Taveugle; écoutez : à nous deux Nous possédons le bien à chacun nécessaire ;

J'ai des jambes , et vous des yeux.

Moi, je vais vous porter ; vous, vous serez mon guide : Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés ; Mes jambes, à leur tour, iront où vous voudrez. Ainsi 9 sans que jamais notre amitié décide Qui de nous deux remplit le plus utile emploi , Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi.

FABLE XXI

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