SCÈNE VIL
ARLEQUIN, ARGENTINE
Argent. Vas-tu rester ici, mon ami?
Arleq. Oui ; pourquoi cela ?
Argent. C'est que j'ai à sortir.
ARiiEQ. Où vas- tu?
Argent. Faire une comipission pour mademoiselle Rosalba.
ARtiEQ. Qu'est-ce que c'est que cette commission ?
Argent. Je ne peux pas te le dire , elle me l'a défendu.
Arleq. Voilà, par exemple, un de tes avantages sur moi : tu sais garder nn secret; moi, je- ne le sais pas. Aussi je te confie tous les miens, pour qu'ils soient en sûreté.
ARGENT. Mon bon ami, tout ce que je pense l'appartient; mais tu B'ignores pas les obligations que j'ai à mademoiselle Rosalba j c'est elle qui nous a mariés. Il me semble qu'après un tel bienfait je suis obligée 4e faire tout ce qu'elle exige , même de te cacher quelque chose.
Arleq. Ah ! je me doute de ce que c'est. J'ai vu ce matin M. PandoWe : il m'a dit qu'il avait donné quinze mille livres à sa fille pour en faire ce qu'elle voudrait. Mademoiselle Rosalba a le meilleur cœur du monde; et quand on a un bon cœur et de l'argent mignon , on a topiours de petitet choses à faire en cachette.
A&GEXT., à part. Hélas » ( Haut.) Mon ami, ne parlons plus de cela , i« t'en prie. Quand bien même tu devinerais, je serais obligée de te mentir; et tu ne voudrais pas que ma reconnaissance pour mademoiselle Rosalba
me coûtât si cher. * # .* i-
ARLEQ. Allons, va-t'en; je resterai avec les enfants, tes as- tu fait un
aujourd^iii ?
ARGENT. Oui.
ARLEQ. C'est bon ; je les ferai jouer, moi. Allons » va-t'en donc.
Argent. Adieu, mon ami. .
Arleq. Allez-vous-en, madame, et reviens vite, au moins. Quand j» cours la ville, je me passe 4e toi ; mais ie ne peux plus m'en passer dèt que je ne cours plus ; entends- tu? ( il Vemhrasse, Elle sort, )
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