SCÈNE IX
ARLEQUIN, LES DEUX EflFANTS.
AiLiQ. Avez-Tow bien In , ce matin ?
VkÎKÉ, Oh ! oui , mon papa.
AauQ. l^otre maman a-t-elle été contente de tous ?
Le c\d. Elle a dit que oui , mon papa.
ABLEQ. Vous ne raves pas fait enrager? elle ne tous a pas grondés ni Tun ni l'autre?
L'aIné. Au contraire , mon papa , elle no«s a bien baisés.
ARLiQ., les embroêsant avec tendresse. Cela étant, Tenez me boiser aussi. {Arlequin, pendant Umt ce couplet, a son visage tout près et au milieu de ses deux enfants; il les boise presque à chaque parole. ) Quand ▼9US voudrez me rendre bien heureux, vous n'avez qu'à rendre votre mère bien conlente. Elle en sait plus que nous trois, voyez-vous; alna nous ne devons être occupés que de faire tout ce qu'elle vent Nous y trouverons son plaisir d'abord , et puis notre bien ; c'est tout œ qu'il nous tant, n^est-il pas vrai?
L'àIké. Oui, mon papa. Mais puisque nous avons été bien sages, vous voudrez bien nous conter quelqu'un de ces beaux contes que vous savez.
Le CAD. Ah ! oui , mon pipa.
ABUtQ* Volontiers : aussi bien nous nous ennnyons quand elle nous laisse seuls; cela nous fera passer le temps. Allons, asseyons-nous, (/f s'assied par terre , et fait asseoir un enfant sur chacune de ses jambes; le» deux petits garçons écoutent attentivement.^ Il y avait une fois un roi et une reine qui s'aimaient beaucoup, et que tout le mondeaimaiL.. Ceci n'est pas un conte, au moins !
Lb CAD. Oh ! nous vous croyons bien , mon papa.
L'aIné. Noos vous croyons comme si nous le voyions.
AiLiQ. La reine était aussi belle que le roi était bon , mais ils n'avaient point d'enfants, et cela leur faisait du chagrin. Un jour que la reine était toute seule dans sa chambre, elle entendit du bruit dans la cheminée. {Les ei^antsse serrent contre leur papa, qui retire aussi ses Jambes, et continue avec la poix mains assurée.) La rdne eut un peu peur : elle regarde, et voit descendre un beau petit carrosse, traîné par six petits épagneub verts, avec les oreilles Ulas. Dans le petit carrosse était une petite vieille fée qui n'avait pas un pied de haut, et qui dit à la reine t Madame la reine , vous aurez un entant, si vous voulez consentir à devenir laide et vieille. Pourvu que mon mari m'aime toujours, répondit la reine, j'y consens de tout mon cenir. Je suis contente de vous , répondit la petite fée : non-seule-