SCÈNE V
MATHURCVE, ARLEQUIN.
ABLEQ. , pleurant. Ah ! mon Dieu ! mon Dieu ! que je suis à plaindra Hàtb. Qu'as-tu donc , mon ami? tu pleures.
4t0 LA BONUS USBS.
AtUQ. 9aDi doute , Je pleure ; et Je n'eo ai que trop njcf .
Math. QueTeit-U arrivé?
AftLEQ. \oa§ savez bien ce sansonnet que j'élerais depuis plus d'm an , et qui disait ii bien : J*aime Locette, J'aime Locette...
Math. Eh bien?
AiLEQ. Eh iMen l comme mademoiseile Locette a Tair de ne pins m'aimer, j'ai crn que c'était le moment de loi donner le sansonnet, afin qn'an moins elle se souvint de moi quand le sansonnet lui dirait : J'aime Lncette. En conséquence , je i'ai tiré de sa cage , je lui ai attaché k la patte le plus beau ruban de ma mère , et j'ai été ponr le porter à mademofeelle votre fille... Ah ! mon Dieu! mon Dieu! c'est bien à présent qu'il n'j a plus d'espérance! {Jl pleure. )
Math. Eh bien ! as-tu vu ma fille? «
Ableq. Sfirement je l'ai vue, je l'ai rencontrée avec M. Dnval, qm s'en allait à la danse. Pardi ! ils chantaient tous deux comme deux rossignob : cela m'a fait un peu de peine ; mais cependant je n'ai pas dit autre chose que d'dter mon clv^eau , et J'ai présenté le sansonnet à mademoiselle Lurette. Ah ! c'est là , c'est là que j'ai bien vu que j'étais perdu.
Maiii- Explique'toi donc, car tu m'impatientes. Que t'a dit ma fille?
Ableq. Ce qu'elle m'a dit? je le sais bien ce qu'elle m'a dit, et Je m en souviendrai longtemps.
Math. Mais si tu veux que je le sache , il faut aussi me le dire.
Arleq. Elle m'a dit qu'elle n'aimait point tous ces animaux-là qui disaient toujours la même chose. Ainsi , a-t-elle ajouté, vous et votre sansonnet pouvez vous allez promener ; je vous donne la clef des champs. En disant ces paroles , elle a lâché le ruban , et le sansonnet s'est envcïé , en répétant : Jalme Lucette , j'aime Lucette.
Math. Ce trait-la n'est pas de ma fille. Et qn'as-tu fait?
Ableq. Moi , je n'ai pas pu m'envoler ! je suis resté pétrifié ; et, malgré cela, mon cœur disait, toujours comme le sansonnet : J'aime Locette.
Matb- C'est ce malheureux Duval qui a sûrement engagé ma fille à one si mauvaise action.
Ableq. Oh ! madame Mathurine, tout est fini : ce dernier trait me fait voir clair; votre Glle ne m'aime plus du tout. Il faut que je prenne mon parti, et il est pris.
Math. Je n'ose te donner beaucoup d'espérance , il ne m'en reste guère à moi même. Cependant...
Ableq. oh l après l'histoire du sansonnet , il n'y a plus de cependant : mon parti est pris, madame Mathurine, mon parti est pris. Dès que le sansonnet a vu qu'on ne l'aimait plus , il s'en est allé tout de suite : le sansonnet a eu raison.
Matil Ecoute-moi : j'imagine un moyen dont l'exécution est difficile; je risque même beaucoup à l'entreprendre. Mais s*il me réussit, avant la fin du jour nous serons tous heureux.
Ablbq. Excepté moi.
Math. Le serions-nous sans toi, nigaud? Mais n'est-ce pa» Dovalqoi vient là-bas?
ABI.EQ. Eh ! mon Dieu, oui : cette figure-là me ponrsnit tonjoors.
Math. Laisse-nous seuls; je vais lui tendre un piège, où j'espère qu'il sera pris. Va m'attendre chez ta mère.
ABLBQ. Oh! je n'attends plus, je suis décidé. Mais Je vous reverrai.