SCENE XTT
ta bonne mûre et toi-même. Tant que tu le saurais dans mes mains, tu te croirais obligé de m'aimer , pour que je n'en fisse pas usage. Il faut que tu m^aimes, comme tu le disais tantôt, seulement pour ton plaisir ; tiens, voilà ton titre. ( Elle le déchire. )
Duv. Ab, madame!
Math. Un moment! Sais-tu quMl m'en a coûté, ma fille, pour assurer le repos du bon Arlequin , de sa môre , et pour faire avouer à monsieur qu'il ne t'avait jamais aimé , une promesse de mariage , qu'il faudra bien tenir si monsieur l'exige, après certaines dispositions que je veux faire auparavant. Monsieur le tabellion , écrivez que, par-dessus la dot qui'revient à ma tille , je lui donne dès aujourd'hui tout ce que je possède dans le monde, et tout ce que je pourrai jamais posséder; que je me remets entièrement à sa disposition. Et expliquez cela de manière qu'il soit aussi clair que tout mon bien est à pia fille , comme il est clair qu'elle a tout mon cceur.
Luc. Ah ! ma mère !
Math. Laisse-moi parler. A présent , monsieur, qu'il ne me reste plus que les appas qui vous ont séduit, si vous voulez ma main, vous n'avez qu'à dire, je subirai mon sort. Biais votre fortune dépendra de mademoiselle Lucette ; c'est à elle à me faire une dot pour me forcer à un mariage que je déleste. Demandez -lui donc ses intentions : voilà ma main.
DUV. Madame, il m'est impossible de vous exprimer à quel point cette plaisanterie-là m'enchante. Je suis ravi d*y être pour quelque chose. Je vous rends votre promesse. En vous épousant, nous serions tous deux mal* heureux; en ne vous épousant pas. nous sommes tous les quatre contents : il n'y a pas de comparaison. Et, d'après ce calcul, je crois n'avoir rien de mieux à faire que de prendre congé de la compagnie.
Matii. Vous devinez notre avis.
Ahleq. le rappelle. Monsieur, monsiem*!
Duv. Quoi?
Ableq. Comme vous avez beaucoup d'esprit , et que je ne suis qu'une béte , ne pourriez-vous pas me faire quelques petits couplets sur mon mariage? Je vous serais bien obligé.
Matb., à Arlequin, Allons» mon ami ; allons faire la noce chez ta mère ; je veux lui porter un bouquet, et en recevoir un de sa main : le jour du bonheur des enfants est la fête des bonnes mères.
FIN Dl LA BONNI MÈRB.
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COMBDIB EN TROIS ACTES ET EN PBOSK^ Représentée sur u tkMtre de •(Mlété le i*' BOTesbre itm.