‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 51 sur 319 · LES ENFANTS ET LES PERDREAUX · texte numérisé non relu

LES ENFANTS ET LES PERDREAUX

Deux enfants d'un fermier , gentils , espiègles , beaux.

Mais un peu gâtés par leur père ,

Cherchant des nids dans leur enclos ,

Trouvèrent de petits perdreaux

Qui voletaient après leur mère.

Vous jugez de leur joie , et comment mes bambins

A la troupe qui s'éparpille

Vont'partout couper les chemins ,

Et n'ont pas assez de leurs mains

Pour prendre la pauvre famille !

La perdrix, traînant l'aile, appelant ses petits ,

Tourne en vain, voltige, s'approche :

Déjà mes jeunes étourdis

Ont toute sa couvée en poche.

Ils veulent partager, comme de bons amis f Chacun en garde six , il en reste un treizième : L'aîné le veut, l'autre le veut aussi.

— Tirons au doigt mouillé. — Parbleu non. — Parbleu si.

— Cède, ou bien tu verras. — Mais tu verras toi-même. De propos en propos , l'aîné^ peu patient ,

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Jette à la tête de son frère Le perdreau disputé. Le cadet , en eolère ,

D*un des siens riposte à Tinstant.

L*aîné recommence d*autant ; Et ce jeu, qui leur plaît, couvre autour d'eux la terre

De pauvres perdreaux palpitants.

Le fermier, qui passait en revenant des champs ,

Voit ce spectacle sanguinaire ,

Accourt , et dit à ses enfants :

Comment donc! petits rois, vos discordes cruelles Font que tant d'innocents expirent par vos coups I De quel droite s'il vous plaît, dans vos tristes querelles,

Faut-il que l'on meure pour vous ?

FABLE XllL

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