‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 74 sur 319 · LE CHAT ET LES RATS · texte numérisé non relu

LE CHAT ET LES RATS

Un angora , que sa maîtresse

Nourrissait de mets délicats ,

Ne faisait plus la guerre aux rats ; Et les rats, connaissant sa bonté, sa paresse, Allaient , trottaient partout , et ne se gênaient pas. Un jour, dans un grenier retiré, solitaire , Où notre chat dormait après un bon festin ,

Plusieurs rats viennent dans le grain

Prendre leur repas ordinaire.

L'angora ne bougeait. Alors mes étourdis Pensent qu'ils lui font peur ; Torateur de la troupe

Parle des chats avec mépris.

On applaudit fort , on s'attroupe ,

On le proclame général.

Grimpé sur un boisseau qui sert de tribunal : Braves amis , dit-il , courons à la 'Vengeance. De ce grain désormais nous devons être las; Jurons de ne manger désormais que des chats : On les dit excellents , nous en ferons bombance, A ces mots , partageant son belliqueux transport 9 Chaque nouveau guerrier sur Tangora s'élance,

Et réveille le chat qui dort.

Celui-ci , comme on croit , dans sa juste colère ,

Couche bientôt sur la poussière

Général , tribuns et soldat^.

Il ne s'échappa que deux rats, Qui disaient , en fuyant bien vite à leur tanièfo :

Il ne faut point pousser à bout

L'ennemi le plus débonnaire :

On perd ce que l'on tient , quand on veut gagner tout

118 FABUES.

FABLE XVIÏÏ.

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