LE COQ FANFARON
Il fait bon battre tin glorieux :
Des revers qu'il éprouve il est toujours joyeux ; Toujours sa vanité trouve dans sa défaite
Un moyen d'être satisfaite.
Un ooq, sans force et sans talent,
Jouissait, on ne sait comment,
D'une certaine renommée.
Cela se voit, dit-on, chez la gent emi^umée. Et chez d'autres encore. Insolent comme un sot,
Notre coq traita mal un poulet detnérite.
La jeunesse aisément s'irrite:
Le poulet offensé le provoque aussitôt.
Et, le cou tout gonflé, sur lui se précipite.
Dans l'instant le coq orgueilleux Est battu, déplumé, reçoit mainte blessure ; Et si l'on n'eût fini ce combat dangereux.
Sa mort terminait l'aventure.
Quand le poulet fut loin, le coq, en s'épluchant. Disait : Cet enfant-là m'a montré du courage ;
J'ai beaucoup ménagé son âge.
Mais de lui je suis fort content.
Un coq, vieux et cassé, témoin de c^tte histoire,
La répandit et s'en moqua.
Notre fanfaron l'attaqua, Croyant facilement remporter la victoire. Le brave vétéran, de lui trop mal connu. En quatre coups de bec lui partage la crête. Le dépouille en entier des pieds jusqu'à la tête,
Et le laisse là presque nu.
Alors notre coq, sans se plaindre.