PAN ET LA FORTUNE
Aussitôt les ormes, les frênes,
Et les hêtres touffus, et les antiques chênes ,
Tombent Tun sur l’autre à la fois.
Les faunes , les sylvains désertent les bocages ;
Les dryades en pleurs regrettent leurs ombrages ,
Et le dieu Pan, dans sa fureur,
Instruit que le jeu seul a causé ces ravages ,
S’en prend à la Fortune : O mère du malheur !
Dit-il , infernale furie !
Tu troubles à la fois les mortels et les dieux ,
Tu te plais dans le mal , et ta rage ennemie...
Il parlait, lorsque dans ces lieux Tout à coup paraît la déesse.
Calme , dit-elle à Pan, le chagrin qui te presse ;
Je n’ai point causé tes malheurs ;
Même aux jeux de hasard, avec certains joueurs ,
Je ne fais rien. — Qui donc fait tout? — L’adresse.