‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 103 sur 142 · PAN ET LA FORTUNE · texte numérisé non relu

PAN ET LA FORTUNE

Aussitôt les ormes, les frênes,

Et les hêtres touffus, et les antiques chênes ,

Tombent Tun sur l’autre à la fois.

Les faunes , les sylvains désertent les bocages ;

Les dryades en pleurs regrettent leurs ombrages ,

Et le dieu Pan, dans sa fureur,

Instruit que le jeu seul a causé ces ravages ,

S’en prend à la Fortune : O mère du malheur !

Dit-il , infernale furie !

Tu troubles à la fois les mortels et les dieux ,

Tu te plais dans le mal , et ta rage ennemie...

Il parlait, lorsque dans ces lieux Tout à coup paraît la déesse.

Calme , dit-elle à Pan, le chagrin qui te presse ;

Je n’ai point causé tes malheurs ;

Même aux jeux de hasard, avec certains joueurs ,

Je ne fais rien. — Qui donc fait tout? — L’adresse.

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