‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 124 sur 142 · LE LÉOPARD ET L'ÉCUREUIL · texte numérisé non relu

LE LÉOPARD ET L'ÉCUREUIL

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Embellissent tes jours , ne te quittent jamais,

Tandis que moi , roi des forêts,

Je suis si triste et je m’ennuie.

— Sire, lui répond l’écureuil ,

Je dois à votre bon accueil La vérité; mais, pour la dire,

Sur cet arbre un peu haut je voudrais être assis.

— Soit, j’y consens : monte. — J’y suis.

A présent je peux vous instruire.

Mon grand secret pour être heureux C’est de vivre dans l’innocence :

L’ignorance du mal fait toute ma science;

Mon cœur est toujours pur, cela rend bien joyeux.

Vous ne connaissez pas la volupté suprême De dormir sans remords; vous mangez les chevreuils, Tandis que je partage à tous les écureuils Mes feuilles et mes fruits ; vous haïssez , et j’aime :

Tout est dans ces deux mots. Soyez bien convaincu De cette vérité que je tiens de mon père :

Lorsque notre bonheur nous vient de la vertu ,

La gaîté vient bientôt de notre caractère.

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