E CROCODILE ET L ESTURGEON
ijr la rive du Nil un jour deux beaux enfants
p S’amusaient à faire sur l’onde.
Avec des cailloux plats, ronds, légers et tranchants Les plus beaux ricochets du monde.
Un crocodile affreux arrive entre deux eaux, S’élance tout à coup, happe l’un des marmots,
Qui crie et disparait dans sa gueule profonde.
L’autre fuit, en pleurant son pauvre compagnon. Un honnête et digne esturgeon,
Témoin de cette tragédie,
S’éloigne avec horreur, se cache au fond des Ilots; Mais bientôt il entend le coupable amphibie Gémir et pousser des sanglots.
U VH K V
Le monstre a des remords, dit-il. 0 Providence !
Tu venges souvent l’innocence ;
Pourquoi ne la sauves-tu pas ?
Ce scélérat du moins pleure ses attentats ;
L’instant est propice, je pense,
Pour lui prêcher la pénitence :
Je m’en vais lui parler. Plein de compassion,
Notre saint homme d’esturgeon Vers le crocodile s’avance.
Pleurez, lui cria-t-il , pleurez votre forfait;
Livrez votre âme impitoyable Au remords, qui des dieux est le dernier bienfait , Le seul médiateur entre eux et le coupable.
Malheureux ! manger un enfant !
Mon cœur en a frémi ; j’entends gémir le vôtre... — Oui, répond l’assassin, je pleure en ce moment Du regret d’avoir manqué l’autre.
Tel est le remords du méchant.
loi ;
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LA. C.HE'fl
Quel talent, disaient-ils, cet insecte déploie En composant ces fils si doux , si fins , si beaux ,
Qui de l’homme font la richesse !
Tous vantaient son travail , exaltaient son adresse. Une chenille seule y trouvait des défauts ,
Aux animaux surpris en faisait la critique;
Disait des mais et puis des si.
Un renard s’écria : Messieurs, cela s’explique : C’est que madame file aussi.